Le parcours d’Alpha Oumar Tourkoun DIALLO, le Président du Collectif des étudiants des universités publiques de Guinée.

  1. Présentez-vous ?

Je m’appelle Alpha Oumar Tourkoun DIALLO, âgé de 27 ans étudiant en année de recherche scientifique pour le diplôme de maîtrise en Interprétation au département de Arts dramatiques à l’Institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG DUBREKA). Président en titre des étudiants de l’ISAG ; Président en exercice du Collectif des étudiants des Universités Publiques de Guinée (CEUPU-GUINEE) Fondateur et Président de la plateforme Jeunesse s’engage GN (JE).

  • Parlez-nous de votre enfance,

C’est toujours un privilège pour moi de parler de mon enfance, je suis né dans une de famille de plusieurs enfants et d’un père très exigeant voire très rigoureux, d’ailleurs je lui dois la meilleure partie de ma formation.

Pour un bref rappel, mon père m’avait réservé une petite chambre à la maison où il m’enfermait quand je faisais trop de bêtises en d’autres termes, j’étais très canaille comme tous les OUMAR d’ailleurs (rires). Cette chambrette que j’appelle aujourd’hui affectueusement ‘‘ ma chouette petite prison bien aimée’’.

  • Parlez-nous de votre parcours Secondaire et Universitaire 

J’ai fait l’école Primaire de Tourkoun (Télimélé) puis le Collège de Koloma et le lycée entre 3 établissements, en effet, après mon admission au BEPC, je suis tombé gravement malade et j’ai fait la 11ème l’année suivante au lycée Léopold Sédar Senghor après j’ai abandonné pour 2ans avant de reprendre en Terminale au lycée Titi 2 où j’ai échoué au bac, finalement j’ai obtenu mon Baccalauréat unique au Groupe scolaire Yacine DIALLO de Conakry à (Cosa).

  • Parlez-nous de vos débuts dans la vie professionnelle ?

Comme tout débutant au début ça excite et après ça énerve (rire) 

La perte de certains cours, certaines évaluations, les voyages, les petits déplacements et le stress ont été mes compagnons de lutte.

Mais le temps et la persévérance comblent toutes les lacunes.

  • Parlez-nous de votre vie associative ?

C’est longue histoire mais je vais faire un bref rappel,

Vous savez à l’époque quand on était encore plus petit, il y n’y avait pas d’associations en tant que telle, même si ça existait je n’ai jamais pris connaissance.

Il y avait des staff ou clan dans chaque quartier de Conakry, voici les premières associations auxquelles j’ai appartenu dans mes débuts d’adolescent en tant que (my leader ou my President)

Puis dans des groupes de danses et dans les Commissions culturelles de notre établissement.

Ces expériences m’ont permis de créer le 1er bureau du Conseil d’étudiants de l’institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG DE DUBREKA) en 2018 et de briguer un Mandat à la tête de la plus grande structure estudiantine du Pays le Collectif des Etudiants des Universités Publiques de Guinée. Aujourd’hui je suis en phase d’implantation de notre plateforme de Jeunesse s’engage (JE).

Les difficultés sont partout comme vous le savez, même pour être chef de classe est un fardeau pour certaines personnes.

Tout d’abord, les besoins financiers et matériels ne sont jamais comblés à 100%, surtout si vous n’avez pas de subvention et que tout doit venir des parents pour servir toute une nation entière, une nation entière parce que notre bureau exécutif couvre tout le Pays (de Gamal à N’Nzérékoré).

  • Vous êtes le Président du collectif des étudiants des Universités Publiques de Guinée, quels sont les projets réalisés et les difficultés rencontrées ?

Comme vous le savez, le Collectif est avant tout un syndicat qui représente les étudiants au niveau national, l’objectif est de représenter les étudiants et défendre leur intérêt.  

Nous avons estimé avoir rempli correctement ce rôle et pour les projets, nous avons initié un projet de renforcement des capacités des représentants des étudiants dans nos Universités.

Les difficultés sont énormes dans la mesure où il fait tout faire avec nos propres moyens

  • Comment conciliez-vous votre vie personnelle et professionnelle

Je dirai que tout va très bien dans la mesure où il faut classer les choses par priorités, je me dis souvent qu’il faut prioriser certaines affaires personnelles mais l’altruisme m’empêche de le faire. L’année dernière j’ai manqué des évaluations à cause des crises dans les Universités de l’intérieur. Je suis toujours en voyages pour les étudiants et je n’ai pas de vie personnelle qui compte pour moi tant que les étudiants ont besoin de moi.

  • Quelle est votre source de motivation ?

Mon père est mon 1er mentor, il me donne toujours des conseils qui me font grandir et il m’a forgé en leadership plus que les coaches qui m’ont formé en développement personnel et leadership. Puis les livres autobiographies et de modèles de réussites.

  • Quelles sont les propositions de pistes que vous avez pour la réouverture des Universités en cette périodes de crise sanitaire ?

Pour tout vous dire, je suis très inquiet par rapport à cette situation comme tout le monde d’ailleurs, vous savez l’enseignement guinéen en général n’était pas préparé à des cours à distance et maintenant, nous voulons prendre cette alternative pour la continuité pédagogique.

Il n’y a pas des ressources nécessaires pour assurer cette continuité pédagogique pour les 15 semaines de cours présentiels qui restent dans les Universités.

Alors le département de l’Enseignement Supérieur doit prendre des mesures adéquates pour la reprises des cours au sein des campus au plus tard en Juin sinon nous risquons une blanche.

  • Il faut mettre un service d’accueil dans chaque campus pour le respect strict des geste barrières et des recommandations sanitaires, à savoir :
  • La présence des quits (eau, savon et l’eau de javel) pour le lavage des mains
  • Octroyer des masques (bavettes) au moins 2 par étudiant et par semaine pendant les 3 mois de cours qui restent.
  • Respecter la distanciation sociale en constituant des groupes pédagogiques restreints.
  1. Quel regard portez-vous sur le marché de l’emploi guinéen ?

Selon moi il y a de l’emploi dans ce pays, mais le problème c’est comment trouver cet emploi ?

Les jeunes ont de l’énergie nécessaire pour servir et les ainées refusent de les approcher par peur d’être éjectés par ces cadets. Cette méfiance caractérisée par une paranoïa totale nous empêche de décrocher notre premier emploi.

Les gens parlent souvent de l’inadéquation entre la formation et les besoins des employeurs,

Je m’oppose catégoriquement à cette idée, car les ainés ont appris pendant des décennies à faire toujours les mêmes tâches et ils nous empêchent d’apprendre à leurs côtés, le problème d’emploi en Guinée est lié à l’égoïsme, si vous regardez l’administration publique, il y a pleins de poste vacants mais les ainés préfèrent occuper plusieurs fonctions au lieu d’approcher des jeunes brillants qui chôment dans les quartiers.

  1.  Quels Conseils avez-vous à donner aux jeunes ?

Le 1er conseil que j’aie à donner aux jeunes c’est d’aimer son Pays, de Cultiver l’esprit patriotique et la tolérance mutuelle.

Le 2ème c’est de croire en eux et à leurs rêves ;

De privilégier la formation, l’apprentissage et l’expérience au détriment des intérêts pécuniaires.

  1. Quelle est votre impression par rapport à GUIPLUS ?

Je peux l’affirmer sans avoir le risque de me tromper que GUI-PLUS est une chance pour la jeunesse de notre pays d’ici et d’ailleurs. Merci pour l’opportunité que vous offrez aux jeunes talents de s’exprimer sur cette plateforme, c’est la Guinée qui gagne.

3 réflexions sur “Le parcours d’Alpha Oumar Tourkoun DIALLO, le Président du Collectif des étudiants des universités publiques de Guinée.”

  1. Merci pour cet article Gui-plus…j’ose croire que cette JEUNESSE sera libre en pensée et en action un jour.
    Soyons optimiste 🙏🙏🙏

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *