Interview: Aissatou Baldé ou Miss Solution, une jeune fille audacieuse.

1- Bonjour présentez-vous à nos lecteurs ?

Je suis Aïssatou Baldé, agée de 22 ans, diplômée en Banque et Assurance à l’Université Nongo Conakry. Je prépare un master en management agricole à l’ ISCAEG,

Je suis l’actuelle Vice- présidente du Leo club Conakry Bondabon du Lions Club International, Lauréate du Prix Spécial All Africa Leadership Féminin 2019, yali professionnel en leadership, Employée en tant que responsable contrôle-qualité et assistante administrative au sein d’une entreprise d’ingénierie conseils et secrétaire générale de New Change Makers.

Je suis aussi coordinatrice générale du projet Digital Young Woman Guinea et membre de Girls Meeting de Plan Guinée.

2- Parlez-nous un peu de votre enfance ?

Je suis issue d’une famille de 5 enfants dont je suis l’aînée. J’ai fait l’école primaire et le collège à Afrique Unie. Après l’obtention de mon BEPC, je suis partie à Dakar pour commencer le lycée mais hélas je suis revenue en Guinée pour étudier au lycée Mérite Universelle et fais mon baccalauréat à Saint Georges.

Depuis toute petite, je voyais mon père qui malgré son handicap, se battait pour pouvoir subvenir à nos besoins, ma mère était cette brave femme de ménage qui s’occupait de notre éducation car mon père n’avait pas le temps.

A chaque fois que mon père revenait le soir, il nous racontait des contes « taali et Tindi en poular» qui se suivaient de conseils à la fin de chaque conte ce qui lui a permis de créer un lien fort avec ses enfants et cela m’a permis de me fixer très rapidement des objectifs en tant que jeune fille.

Parlez-nous de vos débuts dans la vie active ?

En classe de Terminale, j’ai commencé à faire du mannequinat pour commencer à être active dans la vie, mais par la suite j’ai abandonné car le mode vestimentaire des mannequins était différent des valeurs inculquées en famille, après cela j’ai fait le cinéma, une période qui m’a permis de jouer plusieurs rôles différents, d’avoir l’esprit de créativité et forger mon caractère.

Arrivée à l’université, un professeur m’a conseillé de faire un concours dénommé « voix des jeunes » comme j’étais une fille distraite et intelligente. Après la phase de présélection des candidates, je fus la seule fille à être retenue pour participer au concours car j’avais pu convaincre les 10 jurys entre 40 et 60 secondes sur différents thèmes de débats. C’est ainsi donc j’ai représenté notre université avec deux autres garçons de licence 3 pendant 1 une année.

La compétition se déroulait dans un village, l’objectif était de trouver des solutions face à des faits réels. C’est lors de ce concours que j’ai appris à faire le montage de projet, à pouvoir collaborer, à avoir l’esprit d’équipe. A la fin du concours, j’étais la seule fille à avoir eu plusieurs solutions d’où j’ai eu le titre « MISS SOLUTION GUINEE », il faut aussi rappeler que je suis l’unique car le concours n’a plus eu une deuxième Edition en Guinée.

Lors de cette belle aventure « voix des jeunes », j’ai connu un certain Chaikou Ahmed Tidiane Baldé devenu mon grand coach, c’est grâce à lui j’ai créé mon compte Twitter, puis j’ai intégré le Léo CONAKRY BONDABON. J’ai occupé le poste de protocole, un poste qui m’a permis de pouvoir faire la rédaction des Procès-verbaux, des rapports d’activités, des projets communautaires…En même temps j’ai été Porteuse du meilleur projet féminin en 2017 aux oscars des universités guinéennes.

Il faut dire que LIONS CLUB m’a beaucoup formé, j’ai pu développer un grand réseau d’amis et collaborateurs. A la suite de cela, je suis devenue la présidente des jeunes filles au retour de Mory Kanté pour l’acquisition à la SACEM pour la meilleure musique au monde secrétaire générale de News Change Makers, c’est ainsi que j’ai décidé de monter le projet de formation de 300 jeunes filles dans le digital 2 ans après. J’ai été directrice de projet de plusieurs activités notamment les dons de sang aux malades de Ignace Deen, Des randonnées et dons de fruits aux diabétiques de Donka.

J’ai été Gestionnaire de conflit aux élections communales, En 2018 avec le club des jeunes filles leaders de Guinée et d’autres ONG, on a apporté une liberté provisoire à une jeune fille emprisonnée et enceinte.

Formatrice des enfants en super-codage à la fondation Orange Guinée et participante à l’organisation de plusieurs activités à Saboutech notamment :

Projet de Sabou-Fangni pour l’entreprenariat féminin en langues nationales au compte de l’incubateur Saboutech, L’organisation du Saboulinked Table ronde sur l’insertion du Numérique dans l’agrobusiness au compte de l’incubateur Saboutech

Et bon j’ai aussi été Membre organisatrice du Diner Gala littéraire et File manager à happy prestige Events.

Quels sont vos projets, objectifs pour cette année et dans le futur ?

Je souhaite terminer mon master en management agricole, et devenir entrepreneure dans un domaine bien précis car je souhaite faire quelque chose d’innovant. Mon plus grand objectif est de faire la promotion de la jeune femme dans le digital parce que je suis devenue une fane du digital depuis ma formation Google sur le marketing digital et je souhaiterais partager cela avec les autres jeunes femmes même si je ne suis pas trop qualifiée.

L’autre objectif est celui de me marier d’ici 2021, me marier avec un homme avec qui je veux créer un bel avenir dans l’islam. Je souhaite avoir quelqu’un avec qui je pourrais atteindre de grands objectifs.

Les difficultés rencontrées dans votre combat de jeune fille ?

J’ai rencontré d’énormes difficultés au lycée, au début mes parents n’étaient pas trop d’accord que je sois beaucoup trop active. A l’école les petits garçons faisaient leurs maximums pour sortir avec moi en me mettant des mauvaises pensées sexuelles.

A l’université, il y’avait une concurrence entre les garçons et moi car ils me traitaient de la fille qui « connait tout » ce qui m’amenait à souvent m’isoler. Parfois à l’université quand je consultais souvent des personnalités pour qu’ils puissent m’aider dans la réalisation de mes projets, ils me parlaient de sexe en contrepartie de leurs services rendus à ma personne.

J’ai également eu des amies qui me disaient souvent « laisse tomber ça, tu penses que tu es un homme, tu ne peux pas tout faire, Aaaah toi tu penses que tu es occupée plus que tout le monde ». Vous savez, on a toujours des amies qui essayent de nous rabaisser, de nous décourager, et des hommes qui essayent de vous poursuivre.

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?

Très difficile très difficile, mon patron me dit en longueur de journée t’es trop au téléphone Aïssatou concentre toi, diminue les initiatives, certes j’ai pris un engagement mais tout de même je ne peux pas rester sans faire quelque chose pour autrui.

J’ai le soutien de mon ami et frère Ibrahima Konaté le Président de l’ONG New Change Makers qui est le porteur de projet et tous les autres amis, frères, sœurs,parents, c’est difficile mais j’y arrive quand même.

Vous êtes la coordinatrice  de Digital Young Woman Guinea. Dites-nous il s’agit de quoi ?

Digital Young Woman Guinea Acte 2 est un programme de formation de la jeune fille guinéenne dans le digital notamment dans ses différents métiers le community manager, infographie, la programmation, le codage… Mais aussi pour permettre à ces jeunes filles de trouver des solutions digitales, de créer et trouver de l’emploi.

La réalisation du projet n’a pas été facile mais vous êtes quand-même passé à l’action. Parlez-nous des difficultés et votre source de motivation ?

On a eu plusieurs difficultés notamment le financement des formations mais par la grâce de Dieu, on a eu des partenaires qui nous ont accompagnés à savoir : le BOCEJ, Les Google Developpers, Intégra Guinée, la récipiendaire du prix ALL AFRICA LEADERSHIP FEMININ 2019, SAHID MADELIST

Et notre mentor Mme Diaretou Diallo conseillère du premier ministre pour l’insertion jeune et la promotion féminine nous a été d’un grand soutien et Madame la Première dame de la République de Guinée Mme Djéné Condé qui avait apporté aussi son soutien.

Quel conseil avez-vous  pour les jeunes filles ?

La plupart des jeunes filles pensent que la destination finale c’est le mariage, c’est normale car c’est l’organisme, l’âge, la religion, la tradition qui nous le demande.
Je dirais que chaque être humain doit avoir un objectif précis dans la vie, même le prophète Mohamed (PSL) disait que « ce n’est pas parce que tu passes tout le temps à la moquée, à prier, à lire le coran que forcement tu es la meilleure personne.  Il faut que tu aies une activité génératrice de revenus et associé Allah à tout ce que tu fais ».

Je pense que toutes les filles doivent avoir des objectifs. Il faut pas qu’elles oublient qu’aucun homme ne va construire une belle maison et prendre toute cette fortune mettre à ton nom, ce n’est pas possible ! Nous sommes des femmes, il faut savoir ce que nous voulons.  Celles qui n’ont pas d’objectifs, il n’est pas tard. Les hommes ont besoins des jeunes filles ou des femmes qui leurs soutiennent.

Quel regard portez-vous sur la situation de l’entrepreneuriat au féminin dans notre pays?

Les femmes assument avec abnégation et rigueur dans leurs différentes tâches, elles sont intelligentes et objectives, une femme entrepreneure est égale à plusieurs hommes entrepreneurs. Elle développe rapidement un business et ce qui conduit un Etat à la prospérité économique et sociale.

Avez-vous un message pour ces filles qui hésitent encore à se lancer dans l’entrepreneuriat ?

C’est l’heure, les dames c’est maintenant, il faut qu’on mette nos capacités, nos compétences, en valeur. Il faut qu’on développe ce pays, cette Guinée, elle nous a trop attendu ! Les filles, les dames c’est maintenant !

Quel est votre secret de réussite ?

Je n’ai pas de secret de réussite, ma force c’est la prière et les invocations.

Je peux dire que je suis pleine d’idées, quand je me fixe un objectif, il faut que je l’atteigne. Quand je n’arrive pas à atteindre un objectif, c’est comme si je me moquais de moi-même et je perds ma propre confiance.

Quand j’ai un projet, je me mets une pression et une rigueur. Quelques soient les difficultés je n’abandonne jamais, même s’il m’arrive parfois d’être découragée, je reste optimiste, quand j’ai le moral bas, je suis conseillée par mes mentors, ou bien je lis des livres pour me ressourcer ou je me couche puis me réveille avec une nouvelle motivation.

Un mot pour notre site web www.gui-plus.com?

Je dirais que Gui-Plus fait beaucoup pour la promotion de la jeunesse en offrant plusieurs opportunités notamment des formations professionnelles, des appels d’offres et d’emploi, Vous incitez à la prise de conscience jeune face aux différents défis du pays. Vous faites beaucoup en mettant la jeunesse guinéenne en avant.

Merci !

Aissatou Diallo pour www.gui-plus.com

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