Interview: A la rencontre d’Ibrahima M’bemba BAH, le Directeur Adjoint de la communication du Bloc Libéral.

Bonjour présentez-vous à nos lecteurs ?

À l’état civil c’est Ibrahima M’bemba bah. Mais beaucoup  plus connu sous  le nom de M’bemba ou lumumba. Je suis juriste de formation,  actuellement enseignant, formateur, consultant   et  responsable politique au sein du bloc libéral.

Parlez-nous  de votre enfance ?

Humm quelle question !  Disons j’ai eu une enfance plutôt tranquille après avoir été un garçon turbulent au départ. J’ai quitté très tôt ma mère en Guinée  pour rejoindre mon père en côte d’ivoire précisément à Bingerville (banlieue D’Abidjan) c’était dans les années 1998. Cette ville je l’appelle aussi mon village  natal. Car j’ai vu le jour là-bas.  Mon papa m’a inscrit à l’école où je fus un brillant élève. Toujours parmi les meilleurs  en classe et dans mon établissement même si j’ai connu l’échec plutard au baccalauréat. Mon temps à cette période se partageait entre l’école, la boutique pour aider mon papa et des moments de divertissements qui étaient essentiellement jouer au football. J’ai eu la chance d’être un enfant qui a eu la conscience très tôt. Puisque je n’étais pas prédestiné au début à aller l’école pour devenir un cadre mais juste pour savoir lire et écrire. Une fois sur les bancs j’ai pris  goût à la chose grâce à la lecture qui m’a permis de découvrir mes qualités, mes aptitudes à pouvoir aller plus loin dans les études. Mes résultats scolaires ont complètement dissuadé mon père et son entourage sur  l’idée de m’enlever à l’école pour faire autre chose. Quand j’ai obtenu le brevet d’étude du premier cycle  (BEPC) . J’ai compris que l’instruction est une arme fatale dont je  dispose pour combattre dans ce monde. Ainsi j’en ai décidé d’en faire l’instrument pour ma réussite. Le séjour ivoirien   a été une occasion pour moi de découvrir et de vivre avec autrui en acceptant les différences entre humains. En côte d’ivoire j’ai vécu avec des  personnes de différentes éthnies et   provenances   ,  des Burkinabés, des togolais,  des Beninois,  des musulmans et des chrétiens de diverses confessions. Voilà un peu mon enfance.

Comment avez-vous débuté dans la vie politique ?

Avant tout,  la politique est une passion pour moi. J’ai toujours voulu être parmi ceux qui dirigent. C’est en étant dans ça qu’on peut œuvrer dans le bon sens pour impacter la vie des gens. Tout a commencé en 2013 quand je suis rentré en Guinée. Je suis allé d’abord au siège du PEDN où j’ai échangé directement avec le leader de ce parti l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté. Ce dernier a souhaité que je sois parmi les jeunes espoirs de sa formation politique. Il m’a confié à  Dr Djalikatou Diallo l’actuelle tête de liste du RPG arc-en-ciel pour les législatives.  Monsieur kouyaté m’a assuré que l’intermédiaire entre lui et moi c’est Dame Djalikatou Diallo. Malheureusement en 2013 après les élections législatives celle-ci  s’est séparée avec le PEDN et j’ai donc perdu contact avec Lansana kouyaté qui séjournait plus en France. Ce n’est qu’un an plutard j’ai intégré une section du bloc libéral qui venait  de naitre dans mon quartier via un ami  T. Bachir Diallo. Le BL avait à mes yeux des similitudes avec le PEDN. En fait j’ai toujours voulu militer dans un parti transversale c’est à dire un parti dont l’aspect éthnique ou régional demeure moins apparent  voire moins  important.  En 2015 j’ai été assesseur du bloc libéral lors des présidentielles qui ont révélé le parti aux Guinéens. Après je suis venu à l’une des fédérations du BL à ratoma par le biais d’une redynamisation des structures. Aujourd’hui je suis un des responsables de la communication au sein du bureau exécutif. Bon je n’ai pas encore le parcours de Nicolas Sarkozy au sein  de  l’UMP ou celui de François Hollande avec le parti socialiste.  Néanmoins je fais mes  pas   lentement et sûrement avec le bloc libéral.

Quelle est votre mission en qualité de  Directeur Ajoint de la communication du Bloc Libéral ?

Mon rôle c’est d’être au côté du directeur et du vice président chargé à  la communication ainsi que les autres techniciens de notre département  ; pour définir des stratégies de communication et des moyens efficaces  afin d’expliquer notre projet de société et les valeurs que nous défendons aux Guinéens . Ceci nous permettra à coup sûr de susciter des adhésions massives de nos compatriotes Pour conquérir et exercer le  pouvoir pour le bonheur du peuple. Autrement dit notre rôle consiste à faire la promotion des idéaux du parti, exposer et défendre ses positions sur les réalités socio-économiques de la Guinée.

Pourquoi avez vous choisi le bloc libéral et le leader Faya Millimouno ?

Rappelez-vous. J’ai dis au départ que  je voulais être dans  un parti transversale. C’est à dire qui ne repose pas trop sur une éthnie ou une communauté. En plus le parti à des prises de position claires et assez responsables par rapport aux problèmes qui assaillent la Guinée. C’est pourquoi parfois le BL n’est pas compris par certains. Car si le bloc libéral est très critique envers la gouvernance du RPG arc-en-ciel. On n’est pas aussi tendre avec nos amis de l’opposition. Nous dénonçons tout ce qui est mauvais d’où que ça vient. 

Quant au président Faya Millimouno il est l’un des rares politicien en Guinée qu’on peut qualifier d’opposant.Sinon  beaucoup d’autres personnalités sont devenues acteurs politiques parcequ’ils ont été  débarqué du gouvernement. C’est une personne qui a aussi un bon niveau d’étude, il a des qualités et des compétences qui le rendent présidentiable. Si les Guinéens laissent le vote éthnique Faya Millimouno demeure la meilleure solution après alpha Condé. Lui, il n’a pas intérêt à utiliser le jeu éthnique. Car Faya est conscient que les kissis seuls ne peuvent pas l’aider à conquérir ou à gérer le pouvoir. Donc  Il est obligé de rassembler tout le monde. C’est un bon futur  président pour l’unité des Guinéens! Je n’ai aucun doute j’ai fait un bon choix  en étant au côté de Faya Millimouno à travers le bloc libéral !

Quelle vie menez-vous en dehors de la vie politique ?

À part la politique, j’enseigne. Je donne des cours de français niveau lycée dans plusieurs établissements privées  au sein de la commune de ratoma. Parfois assistant à l’université.   Je suis également formateur et consultant dans divers domaines.  Il ya des cabinets de formation ou des entreprises  qui nous appellent  à exposer pour eux sur des thèmes tels que le leadership, le développement personnel, la communication publique, les techniques de montage et gestion de projet, l’entreprenariat … Et bien d’autres choses à côté pour gagner dignement ma vie. Vous le savez la politique n’est pas une profession. Bientôt avec mes associés notre entreprise  verra le jour. Mes temps libres  je profite aussi  pour participer à des rencontres de mouvements associatifs, de jeunes et je me cultive beaucoup par la lecture  quand je ne suis pas en activité.

Comment conciliez-vous votre vie sociale et politique ?

Pour l’instant c’est sans problème. Puisque sur le plan social je ne suis  pas très très occupé étant célibataire. Certainement quand je me marierai ça sera plus difficile. Parce-qu’il va falloir assumer les responsabilités de mari et père.  Donc j’aurai l’obligation de consacrer du temps à ma petite famille. Concilier ça avec mes activités professionnelles et mes nombreuses réunions ou déplacements politiques ne sera pas une chose aisée.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la politique ?

Premier aspect ce qu’en Guinée l’environnement politique est fortement marqué par les clivages éthniques et régionaux.il suffit de dire ton nom  de famille pour que la personne en face t’affecte un parti. Ce qui fait que quand tu ne milites pas dans un parti qui n’est pas majoritairement composé de ton éthnie tu es mal vu par certains  proches ou  membres de ton entourage. De même au sein du   parti où tu milites certains extrémistes ont    parfois des doutes sur la sincérité de ton combat et ta loyauté envers la structure. On te perçoit quelques fois comme un hypocrite. Par ces influences exogènes et endogènes dans la sphère politique  si nous les jeunes débutant  on ne fait pas preuve de discernement. On peut  tomber facilement  sous l’émotion et agir sans être objectif. Ça c’est  une grande difficulté que nous rencontrons dans l’arène,  le tribalisme à l’intérieur des formations politiques.

Deuxième aspect c’est que les gens pensent généralement lorsqu’ on est actif dans un parti politique on gagne de l’argent ou bien nous sommes des salariés en occupant un poste de responsabilité. Ils ignorent que c’est les  militants qui doivent cotiser pour financer le parti. Ici les gens résument tout aux matériels. Ya des gens qui me disent souvent si tu étais dans telle  formation on t’aurait donné  ça, tu aurais eu déjà un véhicule,  ou bien avec ton talent  si tu viens dans notre Parti ta vie va changer. En réalité ils ne savent pas que j’ai un idéal qui m’anime pour la Guinée. Et que c’est derrière cela que je cours. Ceux  qui me connaissent depuis l’enfance  peuvent en témoigner j’ai une noble ambition pour mon  pays depuis longtemps. Donc voilà les difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

Quel conseil avez-vous  pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans la politique ?

Il faut que les jeunes prennent le temps de se former accademiquement. La  carrière politique nécessite un important bagage intellectuel. Partout dans le monde les peuples deviennent exigeants envers les détenteurs de pouvoir. C’est pourquoi,  personnellement  j’aspire à me former encore. Ensuite les jeunes doivent être patients en venant en politique. Quand on entre en politique on ne devient pas toute suite une personnalité célèbre ou un leader charismatique. Parce-que c’est ce qui motive beaucoup de jeunes. Pour moi l’on doit accepter de gravir les échelons, gagner en expérience, prendre surtout le temps de construire sa personnalité, se forger un caractère et une réputation.

La dernière recommandation pour les jeunes qui souhaitent se lancer en politique c’est d’avoir confiance en  eux en   ayant des objectifs précis. Travailler conséquemment sans se détourner de ses objectifs malgré toutes les tentations. 

Si vous êtes élu président de la république de Guinée, quelles seront vos premières  priorités ?

D’abord je dis amine pour cette bénédiction ! (sourire). Si je deviens président de la République. Mes priorités seront les suivantes :

– Établir la justice dans tout le pays pour mettre fin à la culture de l’impunité. Il ya trop de violences, trop de crimes et d’injustices sans que les coupables ne soient inquiétés. Je mettrai fin à ça. Et la justice équitable pour les Guinéens aura pour effet la réconciliation et l’unité entre les fils de la nation.

– Doter le pays d’infrastructures de communication reliant toutes les contrées du pays. Je réaliserai des ponts, des routes, des chemins de fer et un bon système aéroport portuaire pour faciliter la mobilité des biens et des personnes. Cela réduira la perte des produits agricoles à l’intérieur par manque de route.

-Réformer complètement le système éducatif. Les enfants Guinéens n’étudient pas bien. Beaucoup d’enfants quittent les bancs de l’école à cause de la pauvreté des parents. Dès l’installation du parlement je deposerai un projet de loi portant sur l’école gratuite et obligatoire dès l’âge de 5 ans jusqu’en 10ème année. Pour appuyer cette initiative   mon gouvernement va rehausser le budget de l’éducation   de manière considérable.

Si j’ai un ou deux mandats présidentiels mes efforts seront entièrement concentrés sur ces trois priorités. 

Quel regard portez-vous sur la crise post electorale dans notre pays la Guinée?

C’est à la fois un regard    d’inquiétude et de préoccupation que je porte sur la situation socio-politique de la Guinée actuellement. Pour la première fois dans notre histoire nous avons tenu un vote avec des dizaines de morts. C’est un record. Juste parce que le chef de l’Etat Alpha Condé veut se maintenir au pouvoir en dehors de ce que la loi prévoit. C’est horrible. En tous cas nous sommes déterminés avec nos compatriotes au sein du FNDC à faire en sorte qu’il n’y ait pas de troisième mandat en Guinée. Nous userons de toutes les voies que la loi nous offre pour que ce rêve d’Alpha Condé soit pour lui et son petit clan un véritable cauchemar.

D’où tirez-vous cette source  de motivation ?

Ma motivation provient de l’état lamentable de mon pays. La mauvaise gouvernance, la pauvreté, la misère et le retard de la Guinée constituent une des sources de motivation pour faire  la politique. la Guinée est elle condamnée à n’être riche que de ses potentialités naturelles ?  Je dis non.  Nous avons aussi de la ressource humaine pour faire avancer cette terre d’espérances. Je crois être dans ce lot de personnes ayant une volonté de changer l’image du pays.  Et le fait aussi que je ne sois pas  issu d’une famille de hauts fonctionnaires de l’Etat et d’une famille riche me donne encore plus de force pour continuer la lutte. Partir de rien pour réaliser grand cela me stimule énormément. En un mot je veux figurer dans la liste de  ceux qui écriront les plus belles pages de l’histoire de la Guinée.

Un mot pour notre site web www.gui-plus.com?

Vous avez eu une bonne initiative. J’ai découvert le site par l’interview de Hadja Idrissa Bah la présidente du club des jeunes filles leader qui a été reçu par le président Emmanuel Macron. Je pense que vous faîtes bien de donner la parole à des personnes moins connues et surtout à des jeunes patriotes qui se battent tant bien que mal pour tirer la Guinée vers le haut. Félicitations, courage et je vous souhaite plein succès dans vos projets !

Mamadou Maladho DIALLO pour www.gui-plus.com

5 réflexions sur “Interview: A la rencontre d’Ibrahima M’bemba BAH, le Directeur Adjoint de la communication du Bloc Libéral.”

  1. Mamadou Saliou Diallo

    Je félicite mon frère Ibrahima Bemba pour sa brillante intervention. A travers ses mots j’ai appris beaucoup de choses que ça soit sur le développement personnel mais aussi dans l’engagement politique. Je lui souhaite plein succès dans son parcours.
    A l’équipe de Gui plus.com. je vous encourage à peine lancer vous commencez déjà à marquer des points à travers vos innovations.

  2. Tu es une personne que j’admire beaucoup de par tes qualités, ton esprit ouvert mais aussi j’en suis certaine que tu peux faire preuve de sincérité et neutralité dans l’exercice de tes fonctions que dieu nous donne un immense succès puisque je ne peux benir quelqu’un en m’excluant on est ensemble

  3. Si beaucoup de jeunes patriotes faisaient comme toi, je suis certaine que notre chère Guinée connaîtrait un lendemain meilleur. Mais héla ! beaucoup sont animés par l’argent, le pouvoir et l’impact sociétal qu’ils mettent plus en avant que leur patrie. Continue ton combat et pour rien au monde ne change tes convictions.

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