Il s’inspire de son handicap pour écrire son premier livre LES ETOILES DE N’DOUROU.

’Vous savez, si ce n’est pas parce que la langue française a déjà choisi ses mots, le handicap, pour moi, ça n’existe pas. Car ce que les autres considèrent comme handicap, est, pour moi, l’expression de la volonté divine de vouloir montrer à l’humanité l’excellence de son art de création.’’ Mamadou Yidhi Diounkoun SALL

1- Présentez-vous aux lecteurs de www.gui-plus.com et parlez-nous de votre parcours scolaire et universitaire !

Je suis Mamadou Yidhi Diounkoun SALL (jeune handicapé qui marche avec quatre pattes, étudiant de licence 2 à la faculté des lettres et sciences du langage, département lettres modernes, à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia).

Après avoir été initié à l’école coranique, j’ai été scolarisé en octobre 2006 à l’école primaire de Diounkoun où j’ai obtenu mon certificat d’études élémentaires (C.E.E) en 2012. Du coup, j’ai commencé mes études secondaires aux écoles Salim dans le quartier dar-es-salam 02. Deux ans plus tard, j’ai transféré au groupe scolaire Kolet où j’ai décroché mon BEPC en 2016.

En 2019 j’ai décroché le baccalauréat unique au groupe scolaire Amadou Sadigou Diallo. Ainsi, j’ai été orienté à mon premier choix c’est-à-dire au département des lettres modernes à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia où je fais actuellement la licence 02.

2- Depuis votre naissance vous vivez avec un handicap physique et cela n’a pas été une excuse pour vous à l’image de plusieurs autres, comment vous vous surpasser ?

Vous savez, si ce n’est pas parce que la langue française a déjà choisi ses mots, le handicap, pour moi, n’existe pas. Car ce que les autres considèrent comme handicap, est, pour moi, l’expression de la volonté divine de vouloir montrer à l’humanité l’excellence de son art de création. C’est ainsi il a préféré de créer des Hommes élancés de taille, des courts, des personnes belles, laides et, certains handicapés et d’autres physiquement bien bâtis.

Et quant à moi, le handicap est loin d’être un carcan de l’excellence. Mais plutôt une source d’inspiration et de motivation qui me pousse à me battre Corps et âme pour le surpasser. En effet, gagner “dignement” ma vie, être utile à l’humanité toute entière notamment les personnes vulnérables afin que mes parents ne regrettent pas d’avoir mis au monde un infirme, sont entre autres des défis que je me suis lancé et que je compte relever. InchA-Allah!

3- Déjà étudiant à 21 ans vous êtes auteur, quelle est votre source d’inspiration ?

Comme vous l’avez déjà remarqué, ce roman que je viens de publier a pour thématique principale ” la misérable vie des personnes vivant avec handicap”. A cet effet, moi-même je constitue ma source d’inspiration. Ensuite les autres personnes handicapées. Et en fin, il y a également la société et ses réalités qui m’inspirent.

Chacun de nous a quelque chose, une histoire a raconté.  Ce qui fait que nous-mêmes sommes des sources d’inspiration. Ce fut le cas de Camara Lay avec son œuvre phare ” L’enfant noir “. Il y a aussi toujours dans le même sillage l’écrivaine sénégalaise FATOU DIOM qui est partie de son histoire personnelle pour réveiller sa plume littéraire.

4- vous aborder une thématique spéciale dans votre roman comme le handicap pourquoi ?

J’ai choisi cette thématique parce que je suis parti d’une nette frustration contre la mauvaise façon dont les personnes handicapées sont traitées depuis au sein de leurs différentes familles respectives qui, pour la plupart, les considèrent comme les responsables de leur handicap. On ne se donne même pas la peine de les scolariser. C’est tout seulement choquant, lorsqu’ on constate que ceux qui méritent plus d’amour, plus de considération, d’aide, d’être soutenus, encouragés et accompagnés, sont les plus mal regardés, marginalisés par leurs propres familles et par la société aussi.  Pourtant il est d’une grande sagesse de savoir que nul n’a versé un centime dans le trésor de Dieu ni été consulté pour choisir sa moule de fabrication.  Ce qui fait que chez Dieu nous sommes tous au même pied d’égalité; sauf ceux qui ont plus de foi en lui et ont fait plus de bons actes sont les plus considérés chez lui. Traiter mal ces personnes, il faut que ça cesse !

5- Pour écrire ce livre quelles sont les difficultés rencontrées ?

Bon, à ce niveau, je dirais que c’est surtout le fait que ça soit une première expérience qui m’a beaucoup fatigué. Comme vous le savez, dans n’importe quel domaine, le premier pas n’est, généralement, pas aisé.

6- un conseil pour tous ces jeunes qui veulent écrire !

Vous savez, prodiguer des conseils est important, mais ces conseils n’ont de valeur que lorsqu’ils sont mis en exergue. Au cas échéant, ça ne vaut pas la peine.  Toutefois, il est important que tous ceux qui veulent écrire sachent que la lecture est indispensable. Nous pouvons, s’il le faut, considérer la lecture comme étant la respiration de l’écriture.  Donc pour écrire il faut obligatoirement faire la lecture d’œuvres bien écrites. Car comme disait Voltaire : << c’est en lisant ceux qui ont bien écrit qu’on apprend à bien écrire >>.

7- un mot pour notre site !

Je vous remercie ainsi que l’ensemble des travailleurs de votre site pour tous ce que vous êtes en train de faire pour la jeunesse guinéenne et pour notre pays de façon générale. 

Que vous en soyez récompensés par le chef du jour !

Oumou Salamata Bah

1 réflexion sur “Il s’inspire de son handicap pour écrire son premier livre LES ETOILES DE N’DOUROU.”

  1. Loua Moriba Luther

    J’ai bien apprécié son courage et son abnégation dans le travail pour pouvoir écrire ce roman et surtout en étant un handicapé

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