FÉMINISME à la guinéenne ( Episode 1) par Alpha Mandela DIALLO

Ce n’est pas l’expression ou le terme qui pose problème mais le comportement
d’une partie de ceux et celles qui agissent au nom de cette lutte. FÉMINISME signifierait ” amélioration des conditions de vie de la femme” certaines personnes ont dénaturé le vrai sens de ce qu’ils cherchent dans ce combat, cette dénaturation est allée à telle enseigne que certains hommes et femmes qui ont voulu rejoindre la lutte, n’accordent plus même un centime de crédibilité à l’expression, ni à ceux qui la prônent actuellement. Lorsqu’on est acteur d’une telle revendication peu connue dans une société comme la nôtre, l’insolence, les attaques personnels contre des hommes et des femmes INNOCENTS lors de la revendication ne sauraient être la meilleure façon de convaincre, d’inciter les gens à adhérer et d’obtenir ce qu’on cherche.

En principe, qui parle de féminisme devrait non seulement pouvoir contextualiser la lutte( Afrique, Europe…) connaitre impérativement les droits qui méritent d’être revendiqués ici : dans le couple, au travail, dans la société ; S’informer de ce que dit la loi sur ces trois aspects et comprendre les contraintes de la société.


Dire publiquement ce qui doit changer actuellement, dans un langage facile, apaisant et incitant…
Malheureusement…il n’y a que des cris d’indignation que nous constatons uniquement sur le viol, l’excision, le mariage forcé…, et des injures contre tous ceux qui ne partagent pas vos idées. À partir de là, naît une frustration conduisant à une opposition.


En effet, vous ne prouvez aucun droit inexistant dans la société, un seul qui ne figure pas dans un texte de loi que vous estimez mérite d’être adopté ou un article qui mérite d’être révisé.
L’aviez vous revendiqué publiquement ? Peut-être ! aviez-vous été à l’Assemblée pour soumettre une proposition de révision d’une loi ou d’un article qui n’est pas en votre faveur ? Aviez-vous initié des formations sur la procédure pénale pour vous outiller juridiquement, combien d’entre vous ont lu la convention internationale éliminant toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ? Le Code pénal, le code civil ?
Remettez vous en question, changez les vieilles méthodes !

Seule l’idée moribonde de la Castration contre les violeurs, qui dailleurs est considérée par la loi comme une infraction sévèrement punie, qui a été proposée par certains. Grave , une partie de vous ignore complément la Procédure pénale et le système d’application des peines lorsqu’une personne est reprochée d’un fait.

Quand il s’agit de viol, On s’indigne sur Facebook, et ça se limite là. On tiraille dans des débats inutiles. Moins d’initiative pour assister la victime et sa famille ; pour sensibiliser dans les coins les plus reculés. Après, c’est pour dire << Castrez les violeurs, mettez du piment, ils sont coupables, …>> Où sont les fonds que les institutions allouent ? La finalité ? Vous ne savez pas qu’il existe assez de condamnation sur les cas de viols, après la dénonciation, vous ne cherchez plus la suite.

Nos rapports, ça se voit pas ! On ne voit que les conférences dans les hôtels avec les même invités, les mêmes membres des ONG qui apparaissent, combien d’entre-nous se sont déplacés pour aller sensibiliser les familles des victimes de viols sur les conséquences de retenir ce problème dans leur famille ? Combien d’ONG ont demandé aux personnes de bonne volonté des prix de transports et d’assistance pour les cas de viols survenus tout dernièrement à l’intérieur du pays ? On est ONG ou Bouffer seulement et venir crier droits des femmes ? Quels droits des femmes en Guinée ? Dans une société où le mariage est célébré sans que les femmes ne sachent leurs droits et devoirs leur concernant, qu’est-ce que les ONGs de défense des droits ont fait pour informer sur ces droits prévus par nos lois ? D’ailleurs, lorsqu’on ignore comment informer ? Voilà le litige !

Dans une société où les textes punissent le mariage précoce et forcé, le viol, le harcèlement… dans une société où le droit à l’éducation existe pour tous, le droit d’appartenir à un parti sans distinction de genre, dans une société où il existe plusieurs femmes qui travaillent presque dans tous les domaines ( pour celles qui ont les compétences requises) , où voter n’est pas l’apanage des masculins. Finalement, quels sont les droits que vous voulez revendiquer qui n’existent pas ? Combien d’ONG de défense des droits de la femme forment et font des sensibilisations sur ces droits ? Combien de féministes( homme et femme) maîtrisent les procédures ? J’étais stupéfait lorsque certaines dames de la société civile disaient qu’elles ont été victimes de viols mais qu’elles n’osent pas porter plainte à cause d’un prétendu manque de soutien de la famille.

Il y’a tellement de choses à dire, de chose à faire qu’on ne peut tout dire ici.
On est tous dans les ONGs, on sait comment elles fonctionnent même si nous n’avons pas les mêmes buts.
Retenons, que les questions de développement n’existent plus, ne se revendiquent plus depuis que la prétendue lutte que nous menons a pris une autre tournure. À mon avis, Le féminisme n’a même pas lieu d’exister à partir du moment où on parle des droits de L’Homme( femme et homme), notre pays aurait ratifié presque tous les textes internationaux relatifs aux droits humains et c’est déjà suffisant pour se réclamer defenseur.e.s des droits humains. Malheureusement, CERTAINS ont complètement terni l’image de la lutte avec leur rage et insolence de telle sorte que tous ceux qui pouvaient aider, ont désormais une réticence envers la lutte.

Pour être défenseur des droits, il faut apprendre à connaître ses propres droits ; savoir les revendiquer ; utiliser un langage diplomatique, se former, former, et chercher des pistes pour connaître et analyser profondément la position de toutes les parties avant de se figer sur une position. Mieux, comprendre l’environnement dans lequel nous vivons ! Les idées et méthodes rebelles ne fonctionnent pas quand il s’agit de faire des plaidoyers.

ALPHA MANDELA pour Guiplus224

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